Chaque année, des millions de salariés et d’indépendants peuvent déduire leurs frais de déplacement professionnel grâce au barème kilométrique publié par la Direction générale des Finances publiques. Le barème 2026, applicable aux revenus déclarés au printemps 2026, a été revalorisé pour tenir compte de l’évolution des prix du carburant et de l’usure des véhicules. Ce calculateur intègre l’intégralité du barème officiel DGFiP : voitures de 3 à 7 CV, deux-roues motorisés et vélos. Il vous indique en temps réel le montant déductible, la tranche kilométrique applicable et l’économie d’impôt estimée selon votre tranche marginale d’imposition.
Le barème kilométrique 2026 officiel (DGFiP)
Le barème kilométrique est revalorisé chaque année par arrêté ministériel publié au Journal officiel. Il distingue trois tranches kilométriques cumulées sur l’année : moins de 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, et au-delà de 20 000 km. Chaque tranche utilise une formule différente, ce qui rend le calcul manuel laborieux pour les contribuables ayant un kilométrage important.
| Puissance | Jusqu’à 5 000 km | 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV ou moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Dans ces formules, la lettre d représente la distance annuelle parcourue à titre professionnel. Une majoration spécifique de 20 % s’applique aux véhicules électriques pour tenir compte de l’investissement initial plus élevé. Le forfait de la deuxième tranche (1 395 € pour un 5 CV par exemple) compense la dégressivité du coefficient et garantit qu’un salarié roulant 6 000 km ne sera pas pénalisé par rapport à un autre roulant 4 999 km.
Comment utiliser le barème kilométrique pour sa déclaration d’impôts ?

Salariés : frais réels vs déduction forfaitaire 10 %
Tous les salariés bénéficient automatiquement d’un abattement forfaitaire de 10 % sur leurs revenus déclarés, plafonné à 14 426 € pour les revenus 2026. L’option pour les frais réels n’est intéressante que si le total de vos frais professionnels dépasse ce plafond ou ce pourcentage. Concrètement, pour un salaire net imposable de 35 000 €, l’abattement forfaitaire vaut 3 500 €. Vos frais kilométriques doivent donc être supérieurs à ce montant pour que l’option réels soit avantageuse, en cumulant tous vos autres frais professionnels (repas, formation, abonnements professionnels, etc.).
Le choix du régime se fait chaque année lors de la déclaration et concerne tous vos revenus salariaux. Vous devez conserver pendant trois ans tous les justificatifs des frais déclarés : factures de péages, agendas professionnels, attestations de l’employeur précisant les missions assurées en véhicule personnel.
Indépendants et micro-entrepreneurs
Les travailleurs indépendants relevant du régime micro-BNC ou micro-BIC bénéficient d’un abattement forfaitaire qui couvre tous les frais, y compris les déplacements. Ils ne peuvent donc pas appliquer le barème kilométrique en sus. En revanche, les indépendants en régime réel (BNC déclaration contrôlée, BIC réel simplifié ou normal) peuvent choisir entre deux options : déduire les frais réels du véhicule (carburant, entretien, assurance, amortissement) ou appliquer le barème kilométrique forfaitaire. L’option doit être prise dès le premier janvier et conservée toute l’année.
Quels trajets sont déductibles ?
Sont déductibles : les trajets domicile-travail (avec un plafond de 80 km par jour aller-retour, sauf circonstances particulières justifiant un éloignement supérieur), les missions professionnelles ponctuelles ordonnées par l’employeur, les déplacements entre plusieurs sites de l’entreprise, et les visites de clients ou de fournisseurs pour les commerciaux. Sont exclus : les trajets purement personnels, les déplacements de loisirs et les courses privées effectuées pendant la pause déjeuner.
Vélos, motos et scooters : barèmes spécifiques 2026
Le forfait vélo s’élève à 0,25 € par kilomètre parcouru en 2026, sans distinction entre vélo musculaire et vélo à assistance électrique. Ce barème reste plus simple à appliquer puisqu’il ne dépend ni de la cylindrée ni du kilométrage annuel. Les utilisateurs de trottinettes électriques homologuées route bénéficient du même barème.
Pour les motos de plus de 500 cm³, le barème distingue trois tranches : 0,700 € par kilomètre jusqu’à 3 000 km, formule (d × 0,412) + 862 € de 3 001 à 6 000 km, puis 0,575 € par kilomètre au-delà. Les motos de 500 cm³ ou moins et les scooters appliquent un barème dégressif similaire mais moins élevé : 0,462 €/km, formule (d × 0,270) + 576 €, puis 0,395 €/km. Une majoration de 20 % s’applique aux deux-roues électriques.
Exemple de calcul détaillé

Prenons le cas d’une commerciale itinérante utilisant son véhicule personnel d’une puissance de 6 CV pour ses tournées. Sur l’année, elle a parcouru 18 000 km à titre professionnel : visites de prospects, salons commerciaux, déplacements entre les agences régionales. Son salaire net imposable s’élève à 42 000 € avec une tranche marginale d’imposition de 30 %.
Le kilométrage de 18 000 km tombe dans la deuxième tranche du barème (5 001 à 20 000 km). La formule applicable pour un 6 CV est : (18 000 × 0,374) + 1 457 = 6 732 + 1 457 = 8 189 €. Cette somme représente la déduction maximale autorisée pour ses frais de véhicule. À ce montant, elle peut ajouter ses frais de péages d’autoroute (estimés à 850 € sur l’année) et ses frais de stationnement payant (180 €), soit un total de frais réels de transport de 9 219 €.
L’abattement forfaitaire de 10 % sur son salaire net imposable aurait donné 4 200 €. L’option pour les frais réels lui permet donc de déduire 5 019 € supplémentaires, ce qui se traduit par une économie d’impôt directe de 5 019 × 0,30 = 1 505 € sur sa prochaine déclaration. Pour valider cette économie en cas de contrôle, elle conserve son agenda professionnel, ses fiches de frais validées par sa hiérarchie et un relevé annuel des kilomètres confirmé par son contrôle technique.
Erreurs fréquentes à éviter
La première erreur consiste à confondre puissance fiscale (CV indiqué sur la carte grise) et puissance réelle du moteur (en chevaux DIN). Seule la puissance fiscale figurant sur le certificat d’immatriculation est retenue par l’administration. Une berline familiale de 130 chevaux DIN peut très bien afficher 7 CV fiscaux et relever de la dernière tranche du barème.
La deuxième erreur classique est de cumuler le barème kilométrique avec une déduction des frais réels de carburant ou d’entretien. Le barème étant forfaitaire et global, il interdit ce double comptage. Les seuls frais ajoutables sont les péages et les frais de stationnement liés exclusivement aux trajets professionnels.
La troisième erreur, plus subtile, concerne les véhicules en location longue durée ou en leasing professionnel. Lorsque les loyers sont déjà déduits comme charge professionnelle (pour les indépendants en BNC ou BIC), il n’est plus possible d’appliquer le barème kilométrique. Le contribuable doit alors opter pour la déduction des frais réels carburant et entretien, sur justificatifs.
Questions fréquentes
Le barème kilométrique 2026 inclut-il le carburant ?
Oui, le barème kilométrique forfaitaire couvre l’intégralité des frais d’utilisation du véhicule : carburant, primes d’assurance, entretien courant, achat de pneumatiques, dépréciation du véhicule, frais d’achat des casques et protections pour les deux-roues. Les frais de péage et de stationnement liés à un déplacement professionnel peuvent en revanche être ajoutés en sus, sur justificatifs. Les amendes ne sont jamais déductibles.
Que se passe-t-il si je dépasse 20 000 km par an à titre professionnel ?
Au-delà de 20 000 km, c’est la troisième tranche qui s’applique avec un coefficient unique multiplié par la totalité du kilométrage. Pour un véhicule 5 CV parcourant 25 000 km par an, le calcul devient : 25 000 × 0,427 = 10 675 € déductibles. Les contribuables dépassant largement ce seuil doivent justifier précisément le caractère professionnel des trajets en cas de contrôle fiscal (carnet de bord, ordres de mission, agenda).
Comment justifier les kilomètres déclarés en cas de contrôle ?
L’administration fiscale exige des éléments concordants : carte grise du véhicule à votre nom (ou contrat de location longue durée), agenda professionnel détaillant les rendez-vous, attestation de l’employeur, copie des ordres de mission, factures de carburant et de péages. Les outils de tracking GPS embarqués ou les applications de gestion de notes de frais constituent des preuves recevables. Le fisc peut comparer les kilomètres déclarés au compteur du véhicule lors des contrôles techniques pour détecter les incohérences.
Puis-je cumuler le forfait mobilités durables et le barème kilométrique ?
Le forfait mobilités durables versé par l’employeur (jusqu’à 800 € par an exonérés) ne peut pas se cumuler avec une déduction de frais réels pour les mêmes trajets. Si vous optez pour les frais réels avec barème kilométrique, vous devez réintégrer le forfait perçu dans vos revenus imposables. Le cumul est en revanche possible pour des trajets distincts (forfait mobilités sur le trajet domicile-travail à vélo, barème kilométrique sur les missions professionnelles ponctuelles en voiture).